Rencontre : De « la maison à la crèche : qu’est ce qui change ? »

 C’est à l’occasion d’un «after parents», le 23 novembre dernier que La Goutte de Lait Saint-Léon a réuni une vingtaine de personnes sur le thème de l’accueil de l’enfant en collectivité. De l’importance pour les parents et les professionnels de la petite enfance à bien mener les transitions entre la maison et la crèche pour un vrai bien-être des plus petits.


C’est un moment qui nous a tous rendu, au moins une fois, un peu anxieux(e) : confier notre pitchoun à la crèche où celui-ci va vivre au moins 8 heures par jour… sans nous. Qu’il est donc nécessaire pour lui, comme pour nous d’ailleurs ses parents, d’établir une relation de confiance avec les personnes qui vont l’accueillir et le prendre en charge toute la « sainte » journée.

Pas facile de lâcher prise après ses premiers moments de cocooning à la maison … Depuis sa naissance, notre petit nous est très attaché. Peu à peu, au fil des mois et des rencontres, il a grandi, gagné en autonomie et s’est même détaché tout doucement de son amour exclusif. L’arrivée précoce dans la crèche ou la halte-garderie va pourtant précipiter la chose. Cette séparation est positive dans sa construction, elle va lui permettre de se tourner vers les autres et de se socialiser.

 

Accueillir et s’écouter au quotidien

Lors de cette soirée, Marion Dubois, directrice du Petit George, a souligné la richesse de la vie en collectivité et la nécessité de bien préparer notre enfant à cet univers. L’adaptation est conçue pour cela. Elle est l’étape de transition indispensable entre la maison et la crèche.

Parfois perçue comme rébarbative, cette période d’adaptation reste la réponse apportée à l’enfant et à ses parents face à l’angoisse de la séparation : découverte des lieux, premières rencontres avec les professionnelles, connaissance des règles et limites du mode de garde en collectivité …

Les transmissions quotidiennes sont, elles aussi, primordiales (à l’arrivée le matin et le soir avant le retour à la maison). Elles vont conditionner la qualité de l’accueil de l’enfant et permettre d’assurer la continuité des soins et sa bonne prise en charge. « Toutes les directrices d’établissement de la Goutte de Lait (Saint Léon, Petit Edgar, Petit George et Petit François) sont à votre disposition et à votre écoute si vous en avez besoin », insiste à ce sujet Frédérique Pichon, directrice du Petit Edgar.

 

Respecter les rythmes de l’enfant

Dormir pour grandir. Le sommeil est à prendre en compte quand on reste à la crèche et beaucoup sont encore de gros dormeurs ! Et les besoins varient selon chacun… Les sollicitations sont nombreuses et les petits dorment moins qu’à la maison. L’endormissement peut être difficile et le sommeil parfois peu détendu. C’est pourquoi, grâce aux échanges et informations bien recueillies auprès des parents, la professionnelle pourra repérer les signes de fatigue et coucher l’enfant plus tôt s’il en a besoin.

Christine Pascalis, directrice du Saint Léon, rappelle pour sa part, l’importance des repas, sources de plaisirs conviviaux, de découvertes de nouveaux aliments (je goûte à tout, j’apprends d’où ça vient) et surtout du début de l’autonomie (je mange tout seul). Trois à quatre fois par semaine, les enfants ont un déjeuner exclusivement composé d’aliments issus de l’agriculture biologique ou locale. Ils se désaltèrent régulièrement, l’eau est servie à volonté même en dehors des heures de repas.

 

Quand est-ce qu’on joue ?

Pour les moins de 3 ans, tout est source d’éveil, de jeux et de curiosité. La crèche est un lieu d’exploration permanente. Les jouets se partagent avec les copains et ils sont parfois sujets à disputes, morsures, tapes ou même cheveux tirés … C’est souvent un peu dur pour eux (et pour leurs parents), mais cela fait aussi partie des étapes de la socialisation. D’ailleurs, les pleurs font appel à l’empathie de leurs camarades (pensez aussi au doudou !). Le matin, les activités de la crèche sont animées par le personnel, elles restent libres et au choix des petits l’après-midi (cf projet éducatif).

 

Veiller et prodiguer les soins

« Ce sont les parents qui initient l’enfant à la propreté, la crèche vous suit seulement », rappelle Sylvie Sanna, médecin à la PMI (protection maternelle et infantile) de La Goutte de Lait. Le personnel de la crèche ne se substitue pas aux parents, il accompagne au quotidien cet apprentissage parfois fastidieux en confiance avec les intéressés.

Collectivité oblige, il y plus de pathologies chez les enfants gardés en crèche. Il est donc nécessaire de garder notre petit malade à la maison pour qu’il se repose mais aussi afin de limiter la contagion de ses camarades de jeux.

Les allergies alimentaires sont toujours prises en compte : un PAI est organisé avec le médecin dans chaque structure d’accueil de l’association. La prise de médicament à la maison (anti pyrétique, par exemple) doit être systématiquement signalée lors des transmissions.

Veillons également à la bonne mise à jour des vaccins. Certains sont obligatoires comme la diphtérie, le tétanos et la polio. D’autres sont fortement conseillés contre la tuberculose, la coqueluche et la rougeole.

Derniers petits conseils utiles … quand on passe de la maison à la crèche et vice versa, bien lui laver le nez et apprendre au petit à se nettoyer les mains correctement. Bref des gestes de bon sens, mais que l’on oublie assez vite avec le temps.

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